Le mot du maire
Depuis
quelques années, les collectivités territoriales (Régions,
Départements, Communes) ont de plus en plus de difficultés à équilibrer
leur budget en raison des charges nouvelles transférées
par l’Etat et de la diminution des dotations.
Il en est ainsi du Conseil Général qui va devoir supporter
en 2005 environ 1,4 million d’euros de charges supplémentaires
non compensées par l’Etat suite au transfert de la gestion
du RMI aux départements. Il est à craindre qu’il
en soit de même avec le transfert prochain des routes nationales
et des personnels TOS des collèges.
Les communes sont confrontées à une situation similaire
avec la diminution régulière des dotations, en particulier
dans le secteur social, éducatif et culturel. De plus, le taux
de cotisation à la caisse de retraite des agents de la fonction
publique, pourtant largement excédentaire, a encore été majoré de
0,5 % en 2005, alors que dans le même temps le Gouvernement accorde
de plus en plus d’exonérations aux entreprises pour créer
des emplois précaires.
Dans ce contexte, la Municipalité et le Centre Social Municipal
ont été amenés à réévaluer
cette année les tarifs d’un certain nombre d’activités
de façon à répartir les surcoûts entre les
familles et la collectivité. Mais ces décisions ont toujours été prises
avec le souci de maintenir des tarifs relativement bas pour les activités
destinées aux enfants, une part très importante du coût étant
prise en charge par la collectivité.
Malheureusement, les orientations politiques gouvernementales
ne sont pas très rassurantes pour l’avenir. Déjà,
les administrateurs de la Caisse d’Allocations Familiales sont
très inquiets sur leur capacité future à maintenir
les aides aux collectivités et les prestations aux familles à leur
niveau actuel. De même, de nombreuses associations qui interviennent
dans le secteur social et éducatif, en complément de
l’action des collectivités, se trouvent aujourd’hui
dans une situation très délicate, au point que certaines
ont déjà été contraintes de mettre la clé sous
la porte telles que l’association « Initiales » de
Manosque.
A l’heure où les besoins des familles ne cessent d’augmenter
en raison de la dégradation de la situation sociale, il est
intolérable pour les élus locaux d’être contraints
de choisir entre l’augmentation des impôts et des tarifs,
et la suppression de services ou d’activités.
Il faut sortir rapidement de ce cercle vicieux. Mais cela
impose un changement de cap complet au niveau de la politique
gouvernementale.
Le Maire,
Conseiller Général des A.H.P.,
Yannick PHILIPPONNEAU