Car Michel Bülher ne se contente pas d’être un observateur. C’est un militant. Il ne veut pas subir, mais lutter. Ses combats sont nombreux, le racisme, la mondialisation, l’argent roi, le chômage, la solitude.
L’écriture est à son image, simple, sensible et percutante. Il écrit le plus souvent comme on parle, sans fioriture et sans effet de style, ne sacrifiant jamais une idée à une tournure de phrase plus poétique.
Il existe bien des façons d’écrire et d’interpréter des chansons engagées. De la tendresse d’un Béranger pour sa grand-mère à la dérision d’un Laffaille devant une interrogation écrite en passant par la colère tonitruante d’un Gilles Servat, la palette est immense pour faire passer ses idées. Michel Bülher, lui aussi, joue sur toute la gamme des sentiments, de l’amour à la colère. C’est avant tout un conteur qui aime raconter des histoires simples, les histoires des pauvres gens. Au fil de ces tranches de vie, il évoque avec tendresse le quotidien des ouvriers, des banlieusards, des immigrés et plus généralement de tous ces gens qui sont habituellement privés de parole. Cet angle de vue, résolument objectif et réaliste permet de mettre en évidence le cynisme, l’indifférence et l’injustice de notre société et le mépris de ceux qui la dirigent. Là encore, la douceur de ces portraits ne nous empêche pas de sentir une colère sous-jacente, perceptible jusque dans sa façon de chanter, à la fois vibrante et pleine de retenue. Michel Bülher est un humaniste. S’il est en révolte, ce n’est pas par idéologie, mais par compassion, par fraternité. Tous ces personnages qui peuplent ses chansons, Simone, Djamel, Charlie, Nanou et tant d’autres encore, ce sont ses frères et sœurs, compagnons d’infortune.
Mais c’est également un vrai chanteur engagé, au sens le plus traditionnel du terme, capable de pousser de gros coups de gueule. Si d’autres s’assagissent avec le temps, lui est de plus en plus révolté. Sa colère est saine et salutaire dans un monde toujours plus cynique et libéral. « Les hommes sont des salauds » et il nous le rappelle dans chacune de ses chansons, avec humour, avec rage, ou avec beaucoup d’émotion comme dans sa bouleversante « Chanson nécessaire ». Et finalement, qu’il parle de son grand-père ouvrier, de la plus belle fille du Zaïre, de la prison ou du tiers monde, c’est toujours le règne de l’argent-roi qu’il dénonce, de l’Amérique du Sud, à la vieille Europe, en passant par l’Afrique exsangue.
Au fil du temps et d’une discographie riche d’une quinzaine d’albums - le 16ème « Chansons têtues » est sorti au mois de novembre 2004 en France -, Michel Bülher - qui écrit également des romans - a su imposer sa présence singulière, en dehors des modes et des chemins balisés, sans jamais rien sacrifier à ses idéaux.
« J’ai toujours le cœur du même côté
La belle folie d’Octobre est en moi » |
Dans la Presse
La Marseillaise, 15 juin 2008
"Un chanteur qui rêve d'hommes frères: ...ses chansons sont des manuels de résistance contre l'oppression,la bêtise, les inégalités sociales, les idées toutes faites, et ça fait du bien de les entendre. Il a beau être Suisse, il n'est pourtant pas du côté des nantis... Michel Bühler, artiste majeur..."
Sébastien Faramans
Le Matin, 24 juin
"Un CD fait maison: Il a quelque chose de rassurant, Michel Bühler, à la fois solide et sensible. Loin des modes, des esprits versatiles et autres "retourneurs" de veste, il garde son cap... Un poète à l'écriture simple et directe, un conteur, vrai passeur d'histoires... Un album qui est une belle leçon d'écriture."
Patricia Gnasso
24 Heures, 26 juin
"Miel et fiel de Bühler: Fidèle à lui-même, parfois jusqu'au pastiche, il nous revient avec un nouvel opus "fait maison". Ce qui ne signifie en rien "bon marché"... treize chansons dont certaines compteront sans doute parmi ses meilleures à ce jour..."
Jean-Louis Kuffer
Le Temps, 2 juillet
"Les saines colères de Michel Bühler: ...une écriture qui s'articule toujours entre saines colères, élans humanistes, souffle naturaliste et régionaliste ou ironie mordante. Dans un écrin musical des plus sobre et minimaliste, couplets et refrains se goûtent et s'écoulent de plaisante manière..."
Olivier Horner
www.michelbuhler.com/
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